Tout n’est pas qu’une question de chance

chance

Au cours de ma vie, on m’a souvent dit que j’étais chanceuse. Lorsque je me suis penchée sur la signification du mot, j’ai réalisé que la chance n’était pas toujours appropriée pour décrire la situation de quelqu’un et voir même, très rarement. Je me suis demandé si, dans ces cas-là, la personne en face de moi comprenait vraiment le sens du mot chance lorsqu’elle me le balançait en plein visage. La chance, pour moi, c’est quelque chose qui tient du hasard. Je suis chanceuse de gagner un concours, d’être née dans un pays les conditions de vie ne sont pas difficiles, d’avoir des parents merveilleux et de n’avoir jamais manqué de rien. Je suis chanceuse d’être en santé, d’avoir les capacités physiques et mentales d’accomplir des choses.

Pour le reste, ça peut être beaucoup plus que ça. Au cours de l’adolescence, on me disait sans arrêt que j’étais chanceuse d’être mince, voire maigre. Ce que les gens ne réalisaient pas (plusieurs le savait pourtant), c’est que j’étais maigre parce que j’étais malade. Je faisais de l’anxiété, de l’angoisse à une époque où ce n’était pas encore très connu (on mettait tout sur le dos de mes problèmes digestifs). J’étais malade toutes les nuits, je ne dormais pas du tout, je ne pouvais pas manger sans ressentir de la douleur partout dans mon corps. Chaque matin, je pleurais en entendant le cadran sonné. Tout m’angoissait. Sortir de la maison m’effrayait. Au Cégep, je prenais ma voiture (je fuyais et je fuis encore les autobus) et je choisissais le chemin le plus long, celui qui me permettait de m’arrêter à tout moment sur le bord de la route. À cette époque, j’aurais tout donné pour être un peu moins mince, mais en santé.

Ce que nous percevons comme étant de la chance, c’est dans plusieurs cas de la détermination, des compromis, du courage, du travail ou des choix de vie. Il arrive que je me fasse dire que je suis chanceuse d’avoir un emploi stable en étant aussi jeune alors que j’ai justement choisi d’étudier dans un domaine qui me garantissait un emploi stable, avec un horaire stable et de bonnes conditions. J’ai choisi de poursuivre mes études (et dieu sait que ce fut difficile) alors que ça aurait été beaucoup plus simple de prendre une pause. Je ne me vois pas dire à un dentiste que je le trouve chanceux d’avoir cet emploi; il a fait en sorte d’avoir cet emploi. Ce n’est pas que de la chance, c’est aussi le résultat d’années d’études et de travail acharné. Même chose lorsque je me fais dire que je suis don chanceuse d’avoir pu acheter ma maison à un si jeune âge, que je suis chanceuse d’avoir de l’argent pour ça. Ce que les gens ne semblent pas comprendre, ce sont les compromis et les choix de vie qui nous ont permis ça. Mon chum et moi, nous n’avons jamais fait de voyage ensemble. On a décidé de couper sur bien des choses (resto, activités, sorties) et on ne se gâte pas comme la plupart des couples peuvent le faire. Mais tout ça, on l’a choisi parce qu’on voulait notre maison et on a tout fait pour y arriver, depuis longtemps. Si quelqu’un choisit de faire un voyage par année, c’est sa décision tout autant que c’est la nôtre et il fait tout simplement ses choix de vie en conséquence.

Ce que nous bâtissons, ça ne nous tombe pas dessus par hasard. En regardant la vie des autres, il arrive que nous voyions uniquement le résultat, mais il y a tellement plus que ça. Notre chance, c’est à nous de la bâtir. Faisons en sorte d’être heureux, suivons notre cœur et faisons des choix à la hauteur de nos ambitions, tout simplement.

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