Ma prise de conscience d’après césarienne

Par anonyme

Quand je pensais à mon accouchement pendant ma grossesse, j’étais plutôt optimiste et positive. Je n’avais pas peur de vivre une césarienne si c’était nécessaire, mais je ne pensais pas que j’éprouverais ce sentiment de manque ou de vide après. Quand on pense à une césarienne, on pense tout de suite au physique et à la cicatrice sur le ventre, mais on oublie les cicatrices laissées dans la tête et dans le cœur. Pour ma part, je n’ai pas de problème à accepter la marque sur mon corps, mais plutôt les sentiments qui m’habitent. J’ai l’impression d’avoir vécu une grossesse et d’être devenue maman du jour au lendemain sans être passée par la case accouchement ; je n’ai absolument pas le sentiment d’avoir accouché. Tout le monde me dit que j’ai bel et bien accouché, car mon bébé est là aujourd’hui et j’en suis bien consciente, mais c’est plus que ça. J’ai l’impression de ne pas avoir mérité la naissance de ma fille parce que je n’ai pas travaillé pour la gagner. Bien sûr j’ai vécu les contractions, mais je ne connais pas le sentiment que l’on peut éprouver lorsque le bébé se pointe enfin le bout du nez après tant d’efforts et de souffrance. Ce n’est pas moi qui l’ai fait sortir de mon ventre ; je n’ai même pas poussé une seule fois. Les médecins ont mis ma fille au monde à ma place.

Je ne l’ai pas vu pleurer lorsqu’elle a pris son souffle pour la première fois. Je ne l’ai pas eue sur moi toute nue et pleine de liquide amniotique. La première fois que je l’ai vu, elle était dans les bras de son père, toute propre et emmitouflée avec le petit bonnet sur la tête. Je n’étais pas devant ses yeux la première fois qu’elle les a ouverts. Je n’ai pas été la première personne à la toucher après le médecin. Elle a été manipulée par je ne sais combien de personnes avant même que je puisse poser mon regard sur elle pour la première fois. Je n’ai pas vu son père couper son cordon. Je ne sais même pas à quoi ressemble vraiment un cordon ombilical.

Ne pas avoir vécu ces petits moments a probablement fait en sorte que, les premiers jours, j’ai eu de la difficulté avec le lien qui nous unissait toutes les deux. Je n’avais pas le sentiment que c’était MON bébé, mais plutôt UN bébé qu’on m’avait mis dans les bras tout simplement. Probablement que c’est aussi pour cette raison que j’ai eu du mal psychologiquement avec l’allaitement. Je devais nourrir un bébé auquel je n’étais pas encore attachée en plus de vivre toutes les difficultés du début de l’allaitement. Lorsque je pensais à l’accouchement, je prenais pour acquis tous ces petits moments et je dois maintenant en faire mon deuil, du moins pour la naissance de mon premier enfant. Je sais que la césarienne était ce qu’il y avait de mieux pour nous deux. Je suis très reconnaissante que l’opération se soit bien déroulée et que mon bébé que j’aime tant soit en parfaite santé, mais j’éprouve tout de même un petit vide dans mon cœur quand je repense à son arrivée parmi nous. Peut-être, je l’espère, pourrai-je vivre les petits moments qui m’ont manquées lors d’un prochain accouchement, qui sait…?

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Déjà 1 an

Par Elisabeth Chevrier

La semaine passée nous avons fêté le premier anniversaire de mes jumeaux.
La première chose à laquelle j’ai pensé c’est au temps.
Le temps qui avait passé si vite depuis leur arrivée.
On a beau avoir fait plein de choses, j’ai l’impression qu’ils sont là seulement depuis quelques mois.
Je me revois à l’hôpital.
Je sens encore mon cœur qui se débat lorsque j’entends un de mes bébés pleurer la nuit.
Je regarde encore les premières photos que j’ai prises d’eux et je me souviens exactement de ces moments.

Pourtant.
Les nuits où je n’arrivais pas à dormir plus que deux heures en ligne me paraissaient interminables.
Les journées où je revivais la même chose en boucle me semblaient sans fin.
Les fois où j’allaitais un bébé un après l’autre n’en finissaient plus.
Et toutes les fois où je me suis plainte que je n’avais pas le temps de m’occuper de moi. Que tout mon temps je le consacrais à ces deux petits êtres qui venaient d’entrer dans ma vie.

Et aujourd’hui je réalise que j’ai perdu tellement de temps à me concentrer sur ça.
J’ai perdu tellement de temps à porter mon attention sur ce que je n’avais pas plutôt que sur ce que j’avais.
J’avais deux petits humains qui dépendaient de moi.
Qui m’aimaient et qui ne connaissaient que moi.
Qui, depuis qu’ils étaient sortis de mon ventre, tout était une première fois.
Qui me cherchaient la nuit parce qu’ils se croyaient seuls. Parce qu’ils ne comprenaient pas encore que j’étais juste à côté et que j’allais revenir.
Qui essayaient de me parler, mais que ça ne sortait pas vraiment comme ils le voulaient alors ils se fâchaient. Ils travaillaient tellement fort pour me dire qu’ils avaient faim, froid ou simplement qu’ils aimaient ce que je leur chantais.
Ces deux amours qui cherchaient à me faire rire, à m’attendrir, à interagir avec moi.
Qui découvraient mes réactions au courant de la journée en lançant de la nourriture ou en me pinçant la peau du cou.
Qui essayaient de comprendre ce qui allait se passer ensuite…et demain..
Qui avaient aucune idée du déroulement de la journée. Que papa allait peut-être partir comme hier pendant un moment, mais sans savoir où il allait aller.

Parce qu’aujourd’hui j’ai réalisé que ce n’est pas facile d’avoir un an.
Que moi j’en ai trente-trois et que je me plains encore que c’est difficile!

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Amitiés virtuelles

Par Elisabeth Chevrier

Je l’avoue, il y a quelques années, j’étais de ceux qui jugeait les gens qui entretenaient des relations virtuelles. Je me disais que ces relations n’égalaient pas une «vraie» complicité. Que de parler, se confier et échanger des secrets avec une personne derrière un écran, ce n’était pas comparable à une accolade, une main sur une épaule ou a un regard droit dans les yeux. Que ces personnes perdaient leur temps, qu’ils ne vivaient pas dans le «vrai» monde.

Et puis, je me suis mise à déménager…souvent..et de plus en plus loin. Je devais alors utiliser un écran pour rester en contact avec mes amis et ma famille. Je devais partager ma vie avec eux d’une autre manière. Alors, je me suis habitué à ce nouveau mode de relation. À distance. Moins fréquent, mais quand même là. J’ai commencé à rencontrer des personnes sur «les internets». Ces personnes étaient dans ma vie sans jamais vraiment l’être. Mais juste un peu…pas trop. Je ne voulais pas m’investir dans une relation qui n’allait pas menée à des matins autour d’un café et des crêpes chez Ben & Florentines ou d’une coupe de vin dans mon salon.

Et là, la pandémie nous a tous frappés. Nous avons tous été obligés de nous tourner vers nos portables et nos cellulaires pour se consoler de ne plus toucher à personne, de ne plus nous rassembler avec ceux que nous aimons. Des communautés se sont créées, des liens se sont développé tout ça de manière virtuelle. Si on avait de la peine, des questionnements, et même si on avait besoin d’encouragements, on devait se tourner vers ces personnes loin de nous. En cette période où l’on avait le plus besoin de nos proches, on se retrouvait tous seul. Mais pas si seul que ça finalement.

Parce qu’il y avait eux.
Eux qui étaient dans la même situation que nous.
Eux qui étaient là à toute heure de la journée.
Eux qui étaient si nombreux.

Eux. Ceux qui m’ont donné des conseils, m’ont soutenu dans des moments de grandes vulnérabilités. Qui m’ont aussi motivé, encouragé et stimulé à être la meilleure version de moi-même, même entre mes quatre murs. Ce sont ces personnes qui ont fait que je ne me suis pas sentie seule au milieu de l’Europe loin de tout ce que je connaissais dans un climat de peur et d’inconnu. Des relations qui ont pris du temps à se construire, mais qui sont maintenant importantes, auxquelles j’ai laissé de la place dans ma vie. Des liens qui ne s’expliquent pas, mais qui sont là.
Des personnes que je ne verrai probablement jamais, mais qui connaissent des parties de ma vie très intimes que je ne dis même pas à mon chum ou même à ma mère.

Qu’elles soient seulement de passage ou qu’elles restent pour la vie, ces personnes n’ont pas moins de valeur que d’autres. C’est différent, mais c’est beau. Ça peut nous faire grandir, évoluer, changer. Parce que quand je vis quelque chose et que j’ai besoin de soutiens, je peux simplement chercher une communauté sur les réseaux sociaux et je trouve des milliers de personnes qui vivent la même chose que moi. Et ensuite, c’est possible de connecter avec une ou plusieurs personnes de ce groupe. Et là, c’est là que tout se passe. Tu connectes…tu échanges et voilà. Cette personne entre dans ta vie.

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Prise en otage

Par Elisabeth Chevrier

On s’est côtoyé plusieurs années. Je te voyais dans les yeux des autres. J’essayais de les aider à s’aimer même si tu étais là. J’essayais de les guider à apprendre à vivre avec toi même si c’était difficile. Parce que tu arrives à enlever le goût de vivre à certain ou à les faire s’imaginer que les autres veulent qu’ils disparaissent.

Parce qu’à toi seul tu peux changer la vie de quelqu’un et ça presque du jour au lendemain.

Tu te présentes sous différentes formes, mais ça revient toujours au même…tu t’incrustes, tu bousilles tout et tu remets tout en question. Tu t’imposes et tu fais des dégâts un peu partout. Tu prends les décisions et c’est rarement les bonnes. On te cache, on ne parle pas de toi, on fait tout pour éviter le sujet. Alors les personnes que tu envahis finissent par en parler à des gens qu’ils ne connaissent pas… parce que rester seul avec toi, c’est un cauchemar.

Et puis un jour je t’ai aperçu dans mon miroir.

Je ne t’avais pas vu venir.

Moi qui te voyais partout, je n’avais pas senti ta présence.

C’est comme si tu étais apparu par surprise. Mais je sais que tu as de l’expérience, tu as pris ton temps. Tu savais que tu devais être silencieux pour prendre ma tête prisonnière.

J’ai eu peur. J’ai eu peur que tu restes là pour toujours. Que tu t’en prennes à moi jusqu’à ce que je n’en puisse plus. Que tu prennes toute la place comme tu as l’habitude de faire. Je t’ai vu à l’œuvre plus d’une fois. Je sais de quoi tu es capable.

Je t’ai laissé me frôler, tu es parti et ensuite tu es revenu. J’ai tout fait pour te chasser…je t’ai ignoré, je me suis fâchée, j’ai demandé de l’aide sans vraiment le faire… je t’ai confronté, je t’ai enfermé…je me suis épuisée.

Je n’arrivais plus à me voir dans le miroir; je ne voyais que toi.

Tu étais mon reflet, je me suis perdue dans ton ombre.

Tu m’avais prise en otage.

J’ai soudainement réalisé que tu étais partout. Que personne n’était vraiment à l’abri. Que tu pouvais t’en prendre à tout le monde, sans jugement, sans discrimination.

Qu’il fallait désormais que j’apprendre à vivre avec le fait que tu pouvais revenir. Que j’avais plein d’outils pour te chasser, mais que ça allait être le combat d’une vie.

Tu m’as envahi une fois. Tu connais mes faiblesses alors tu sais où frapper.

Mais comme toi j’aime être le boss alors il va falloir trouver une façon de s’entendre. Parce que ma tête m’appartient et je ne te laisserai plus t’emparer d’elle.

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Le «non genré»

Par Elisabeth Chevrier

Le «non genré» c’est la mission de plusieurs nouvelles entreprises en petite enfance et un sujet de plus en plus abordé dans les livres. On nous encourage à désapprendre ce qu’on nous a appris…

On nous inspire à éduquer nos enfants dans un environnement dénudé de préjugés et de stéréotypes.
Parce que tu nais fille ou garçon, mais après ça..il se passe quoi?

Les sociétés se sont créées des barèmes pour définir la normalité. Tu es une fille donc tu aimes cela, tu fais cela et tu es comme ça. Tu es un garçon alors tu agis comme ça et tu n’es surtout pas comme cela. En fait, on décide ce que doivent être nos enfants même avant qu’ils naissent. On choisit déjà pour eux les couleurs qu’ils aimeront, les vêtements qu’ils devront porter et les jouets qu’ils préféreront. On décide ce qu’ils seront…un gars…ou une fille.

Parce que mon garçon doit être fort, aimer les camions et rugir comme un mini lion.
Parce que ma fille doit être belle dans ses collants inconfortables qui vont avec sa robe qui l’empêche de marcher.
Parce que c’est comme ça.
Mais j’ai envie d’autre chose pour eux.
J’ai envie de leur montrer qu’il n’y en a pas de vêtement juste pour les filles. Que tu peux choisir ta couleur préférée ou choisir d’aimer les licornes plus que les dinosaures.
Je veux qu’ils se voient comme des êtres humains.. comme tous les autres êtres humains. Qu’ils aient le choix d’être qui ils veulent.
Que c’est correct si tu aimes la dentelle, tu pourras choisir d’en porter si tu veux.. ou pas.
Que je ne m’attends pas à ce que ma fille soit douce et gentille et que mon garçon soit actif et téméraire.
Je m’attends à ce que tu sois toi. Que tu découvres qui tu es sans que je décide pour toi.
De t’offrir tous les choix qui existent.. fille ou gars.
Je ne te dirais pas que tu es non-binaire, «queer» ou je ne sais pas…je vais juste te dire que tu es un être humain unique qui peut devenir ce qu’il souhaite. Je choisis de te laisser être toi…de te laisser choisir et de t’aimer comme tu es tout simplement en rose ou en bleu.

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Bébé 2020-21

Par Elisabeth Chevrier

On entend de plus en plus l’expression «bébé pandémie».

Les enfants qui sont nés au coeur de la pandémie… qui naissent encore aujourd’hui au coeur de la pandémie.

Ceux qui ont rencontré leur maman à moitié couverte d’un masque bleu.

Ceux qui n’ont peut-être pas vu leur papa quand ils sont venus au monde.

Ceux qui sont arrivés dans un climat de peur et de stress constant.

Ces bébés qui ne connaissent que ça.

Qui auront vu des gens cachés sous un masque pour plus de la moitié de leur vie.

Qui n’auront pas été pris par plus de trois ou quatre personnes depuis leur naissance.

Ces mini humains qui n’auront pas interagi avec d’autres petits enfants ou qui n’auront pas observé papa et maman avec des personnes différentes.

Ils ne connaissent ni les foules, ni la musique de Noël qui envahit les centres d’achat durant la période des Fêtes ou même les salles de cinéma quasi silencieuses.

Ils se font toucher du bout des doigts ou ils devinent un sourire dans les yeux des passants.

Ils se font chatouiller par des personnes qui portent des gants de plastique ou ils ne se font simplement pas chatouiller…

Leurs grands-parents les saluent par la fenêtre ou sur un écran d’ordinateur.

Ces bébés connaissent les cellulaires, parce que maman et papa prennent plein de photo pour partager leur bonheur avec leurs proches et les aider à développer un lien avec eux.

Parce que parler avec quelqu’un sur un écran c’est leur réalité, leur normalité.

Leurs parents ne connaissent pas les «shower de bébé», les premières fêtes d’anniversaire et les joies d’une gardienne pour aller profiter de quelques heures en amoureux.

Ils vivent le présent, dans leur maison, loin des autres, loin de ceux qu’ils aiment.

«Bébé pandémie»…ou plutôt «famille pandémie» parce que c’est tout le monde qui l’a vie cette situation plus que difficile.

Les projets et les attentes face au congé parental changent, les rêves s’estompent pour laisser la place à quelque chose de différent. Qui peut paraître moins le fun au début, mais qui finalement comble pleinement. Parce que peu importe ce qui se passe dans le monde, mon «bébé pandémie», lui, il a besoin de moi. Il a besoin de maman et de papa qui l’aiment et qui lui répètent le plus souvent possible.

Mon «bébé pandémie» a besoin que je lui donne le meilleur de moi donc je vais me concentrer sur lui et faire mon possible pour qu’il grandisse dans un monde en santé.

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Et si je te disais…

Crédit : Elisabeth Chevrier

Par Elisabeth Chevrier

Rêvons un peu.

Si je te disais de fermer les yeux et de t’imaginer que tu peux aller partout dans le monde. Que tu peux voyager enfin n’importe où sur la planète…tu te vois où? Si on m’avait posé cette question-là il y a 10 ans, j’aurais probablement répondu dans un cinq étoiles au Mexique. Et il y a 5 ans; deux semaines en Grèce.

Aujourd’hui quand je ferme les yeux et que je me mets à rêver à un prochain voyage, je me vois un mois en Tanzanie ou bien en Argentine…

Parce que les raisons pour lesquelles je voyage ont changées.

Parce que j’ai changé.

Maintenant, quand je voyage, je veux «vivre» dans le pays qui m’accueille. Je veux m’imprégner de la culture, comprendre les gens qui y habitent, partager leurs habitudes. Je veux ressentir leur histoire, apprendre un peu de leur langue, partager leur quotidien. Je veux aller dans leur marché public, sentir et goûter leurs fruits et leurs légumes, découvrir leurs spécialités et m’ouvrir à leur différence. J’aime me sentir «avec» eux même si c’est, quand même, temporaire.

En fait, j’aime oublier que c’est temporaire. Faire comme si j’étais là pour la vie.

Je me nourris complètement de ces expériences, de ces moments qui me font grandir et qui me font comprendre le monde dans lequel on vit. Comprendre l’humanité, et apprécier/accepter ses défauts. Me dégager des jugements ou des idées préconçus qui m’ont été inculqués ou que j’ai acquis en écoutant trop les nouvelles..!

Me positionner comme un humain face à d’autres humains tous aussi valables et intéressants.

Parce que quand je m’approche des autres, je m’éloigne de mon nombril et j’ouvre mes yeux et mon cœur à ce qui m’entoure.

Les voyages sont tous différents. Il y en a qui nous changent, d’autres qui nous permettent de décrocher. Mais il y a ceux qui nous nourrissent. Ceux qui nous donnent une raison d’exister et de continuer à chercher à devenir la meilleure version de nous-même.

Parce que oui, on ne devrait pas voyager en ce moment.

Et que c’est facile de dire que les voyageurs n’ont aucune raison de «chialer».

Qu’il y a pire dans la vie que de ne pas pouvoir s’exiler vers un autre pays.

Mais tout comme toi, ou moi, en ce moment, on a tous une bonne raison de «chialer» en fin de compte!

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Mon bébé pandémie

Par Estelle Berrouard

Mon fils est arrivé le 23 septembre 2020 à 17h57 exactement.

Tout doucement à la fin d’une journée remplie de soleil. Les yeux de papa étaient magnifique ce jour-là. Un vert incroyable.

Nous t’attendions avec impatience. Un bébé plus que désiré. Un petit être qui est né en voyant son papa pour la première fois avec un masque au visage. Un bébé né en pleine pandémie.

Cette pandémie m’a enlevé plusieurs choses durant ma grossesse mais m’en a apporté tant d’autres. Nous nous sommes adapté à la situation pour avoir un semblant de normalité. On s’accrochait à te venue imminente.

Nous avons apprécié les visites interdites lors de notre séjour à l’hôpital car de toute façon, on n’en voulait pas. Nous voulions créer notre cocon d’amour une minute à la fois avant de retomber à l’extérieur dans toute cette folie.

Une fois à la maison, les visiteurs se font distants, te prenne dans leurs bras vêtu d’un masque ou te regarde à distance. Mon coeur se serre de ne pas pouvoir faire profiter aux autres de ta présence.

Papa et moi on est fort même si c’est parfois difficile; l’allaitement, le manque de sommeil, nos nouveaux rôles de parents, le passage au tire-allaitement ou les sorties quasi inexistantes hors de la maison. Nous sommes restés forts malgré tout par la force de notre couple, la force de notre amour. Un simple regard sur notre fils rayonnant de santé remontait le moral des troupes; nous sommes chanceux.

Chanceux d’avoir un bébé en pleine santé.

Chanceux d’avoir trouvé l’énergie, jour après jour, de fournir les soins plus que nécessaires à notre garçon.

Chanceux de s’avoir.

Chanceux de s’aimer.

Mon bébé pandémie, sache que l’année de ta naissance sera marquée au fer rouge du mot « COVID » par les autres mais pour nous, le mot « AMOUR » en sera la définition. Sans le savoir, tu auras apporter du positif dans la vie de plusieurs personnes malgré la situation négative.

Tu resteras le plus beau des bébés à nos yeux et merci d’être débarqué dans nos vies au meilleur moment possible.

Je t’aime mon fils.

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Le temps

Par Elisabeth Chevrier

Le temps. Celui qu’on prend pour acquis.

Celui qui nous appartient …ou pas.

Ce temps qu’on apprend à oublier parce que ça va trop vite et qu’on essaie de dépasser.

J’ai toujours couru après le temps. Je n’en avais jamais assez dans une journée. Je voulais faire 30 choses en 24 heures et puis un peu plus.

Pourquoi pas étirer le temps pour en faire plus.

Quand le temps s’est arrêté il y a quelques mois, on s’est tous demandé ce que nous allions faire. Que ça ne pouvait pas durer, que le monde ne survivrait pas à un rythme ralentit. La planète ne pouvait pas se mettre sur pause éternellement. Il fallait que ça bouge et rapidement. Alors à la première occasion nous nous sommes tous remis à avancer. Presque aussi vite qu’avant. On voulait tous reprendre le temps perdu. Le temps qui nous est si précieux. Les heures manquées, on voulait les rattraper. Mais ça n’a pas duré, et le monde s’est remis sur pause une deuxième fois.

C’est là que j’ai commencé à voir le temps différemment. À espérer qu’il ne recommence jamais à être sur le mode avancé. À rêver qu’il ne reparte jamais. Que les heures continuent de s’écouler sans les occuper. Juste regarder mes jumeaux jouer sans faire autre chose. Sans penser à ce que je dois faire dans 15 minutes et juste rester là…pleinement.

Juste faire le souper sans planifier les lunchs du lendemain en regardant les courriels que je n’ai pas regardés dans la journée. Juste prendre plus de 15 minutes assise pour manger… Le genre de chose que je ne voyais pas avant…avant tout ça. Ces choses qui me semblaient normales, mais qui aujourd’hui sont si loin de moi. Il y en a qui souhaitent que tout redevienne comme avant.

Moi, je nous souhaite de continuer à prendre le temps de vivre une journée à la fois, une heure à la fois et même une minute à la fois parce qu’on ne sait pas si le temps va encore nous filer entre les doigts.

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Me, Myself and I

Par Elisabeth Chevrier

Je sais que ce n’est pas le genre de chose que l’on veut lire pour nous motiver… pour mettre de la joie dans notre journée…
Je sais que ce n’est pas le genre de chose que l’on se dit vraiment entre nous.
Et je n’ai pas envie de le dire non plus. Mais hier, je me disais que ça l’aurait fait moins mal si j’avais lu que quelqu’un vivait la même chose que moi. Je me serais sentie moins coupable. Et je n’aurais pas besoin d’écrire ces lignes.
Cette longue justification est en fait un moyen d’éviter le sujet.
Parce que je ne sais pas trop comment l’aborder.
Je vais alors le faire d’un coup.
Comme lorsqu’on enlève une bande de cire ou un pansement.
On ferme les yeux et puis on tire. Et tout vient avec…
Peut-être que mon sentiment de culpabilité partira avec ce texte?
Qu’après avoir tiré sur le pansement, les bobos seront guéris…

Bon voilà, je me lance.

J’ai envie d’être un peu égoïste… et de ne pas m’en sentir coupable. Juste de penser à moi et d’oublier tout le reste. De me lever et d’avoir juste moi à satisfaire, d’avoir juste mes besoins et mon bonheur à combler. D’oublier le reste de la planète, mon chum, mes enfants, ma famille et tout ce qui vient avec.

J’ai envie de regarder mon nombril et de me dire que c’est la seule chose importante. Juste de préparer un repas sans me préoccuper de tout récupérer les restes pour d’éviter le gaspillage alimentaire et contribuer à une planète plus verte… Juste d’acheter plein de trucs inutiles dans un magasin grande surface sans réfléchir à la souffrance des enfants qui sont derrière ces articles… Juste de sortir faire mon jogging à n’importe quel moment de la journée, parce que j’ai juste moi à penser… tout le temps.

Manger tout ce que je veux, quand je le veux sans me préoccuper de ma santé ou celle des autres. Juste vivre dans ma bulle, l’espace d’un… ou de quelques moments. Ce besoin d’être seule sur une île déserte à me faire griller au soleil en écoutant le chant des oiseaux est probablement totalement légitime. Parce que depuis quelques mois, de nouveaux mini êtres humains dépendent de moi jour et nuit. Que ma petite personne à été mise de côté un tout petit peu. Que ce nombril que je regardais à longueur de journée depuis pratiquement 32 ans devait prendre le bord pour quelques temps. Par contre, je me sens mal d’envier les moments de solitude des autres. De rêver à une journée au spa qui ne se terminerait jamais. D’ignorer tous les problèmes dans le monde et me concentrer sur les miens seulement…comme s’il n’y avait que ça.

Je ne sais pas si c’est correct de se sentir comme ça. Je ne sais pas si je suis une égoïste en crise ou seulement une femme normale qui se sent un peu débordée par tout ça. Je ne sais pas si c’est de là que vient l’expression Me, Myself and I, mais je feel comme ça.

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