Prendre le temps de faire ce que l’on aime

On le dit souvent; c’est important de prendre du temps pour soi, pour faire des choses qu’on aime ou tout simplement pour ne rien faire d’autre que d’apprécier le moment présent. On le sait, on le dit et pourtant, à quand remonte la dernière fois où vous vous êtes assise devant la fenêtre à regarder la pluie tombée malgré la vaisselle sale sur le comptoir et la pile de linge à plier?

Chaque semaine, j’essaie de me garder au moins un soir de libre. Pas libre dans le sens que je n’ai pas de rendez-vous, de cours ou de rencontre et que je vais pouvoir en profiter pour faire l’épicerie, les commissions et les tâches ménagères. Libre dans le sens que je vais pouvoir lire, prendre un bain, écrire dans un cahier de notes, m’allumer une chandelle, colorier, boire un thé et faire du yoga. Bien sûr, ça peut aussi se résumer à faire la larve dans mon divan ou à aller marcher dehors parce qu’il fait si beau et c’est correct aussi. Le plan, c’est de ne tout simplement pas avoir de plan.

prendreletemps

Quand les gens me demandent « Qu’est-ce que tu fais tel soir », je trouve toujours difficile de répondre. Je ne fais rien ce soir-là, mais ce serait faux de dire que je n’ai rien de prévu. J’ai prévu que ce soir-là, je ne voulais rien prévoir et j’en ai besoin. Les semaines où je suis chez moi uniquement pour dormir quelques heures après être restée plus longtemps au travail, entre divers rendez-vous, cours et soupers, je ne me sens pas bien. Il y en a qui carbure à ça; avoir un agenda plein en tout temps. Pour ma part, pour celles qui ont mon type de personnalité et probablement pour toutes celles qui souffrent d’anxiété, c’est essoufflant et épuisant.

On entend tellement souvent les gens dirent qu’ils aimeraient avoir du temps pour faire telle ou telle chose. Tant que vous ne réservez pas ce temps à votre horaire, vous ne le ferez pas. Vous aimeriez avoir du temps pour colorier? Prenez-le. La vaisselle, les courriels et les notifications Facebook attendront. Prenez moins de temps pour des choses qui sont non-essentielles et investissez ce temps dans des activités qui vous plaisent. Comme tout le monde, mes journées comptent 24 heures. Seulement, à la place d’écouter la télévision en fin de soirée (par exemple), je choisis d’écrire, de lire ou de colorier. Il arrive que des piles de linge trainent dans la salle de lavage pendant 2 semaines. Mais si j’attends que tout soit fait et nettoyé avant de prendre du temps pour moi, je ne le ferai malheureusement jamais.

Notre quotidien trop mouvementé nous submerge, les journées s’enchainent et nous vivons sur le pilote automatique. Se couper de tout ça pour faire des choses que nous aimons et vivre dans le moment présent ne serait-ce que pour quelques minutes nous permets de respirer et d’apprécier les petites choses de la vie.

Il ne faut pas oublier que la personne la plus importante de notre vie, c’est nous. Si nous ne prenons pas le temps de nous arrêter et de faire ce que nous aimons, personne d’autre ne pourra le faire à notre place. Comme ma collègue de travail me l’a si bien appris : « Organisons-nous ou nous nous ferons organiser ». 🙂

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À l’aube de mon anniversaire

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Demain, ce sera mon anniversaire et je n’arrive pas à comprendre exactement comment je me sens. Ce n’est pas que j’ai peur de vieillir, du moins, pas encore. On dirait plutôt que chaque année, je me sens nostalgique. Même si je m’en rends compte tous les jours, je pense que ça me fait réaliser davantage à quel point la vie passe vite. Chaque fois, je m’éloigne d’un chiffre d’un événement qui m’a marqué : « Lorsque j’ai fait ce voyage, qui semble tout récent dans ma tête, j’avais seulement 19 ans! », « J’ai fait construire ma maison alors que je n’avais que 20 ans. Dans ma tête, c’était hier. Mais ça fait bientôt 3 ans ». Quand tu croises des bébés que tu as gardés au Cégep (je travaille dans un Cégep) alors que tu considérais avoir le même âge que les étudiants, ça fesse.

En même temps, j’ai toujours été nostalgique, ça toujours fait partie de moi. Lorsque j’avais 2 ans et que mes parents m’ont annoncé que c’était ma fête le lendemain, je me suis mise à pleurer. J’ai répondu : « Ça veut dire que je n’aurai plus jamais 2 ans de toute ma vie et je ne veux pas ». Quel genre d’enfant de 2 ans formule une réponse de ce genre quand on lui annonce que c’est son anniversaire? Je ne sais pas ce qu’ils m’ont répondu, mais je sais comment je me suis sentie. À l’aube de mon anniversaire, plus de 20 ans plus tard, je pense que je ressens la même chose.

Ce n’est pas que je voudrais retourner en arrière. Ma vie, je l’aime telle qu’elle est aujourd’hui et je suis fière de tout ce que j’ai accompli, d’où je suis rendue. Je sais que les prochaines années seront magnifiques et encore pleines de surprises. Ce seront probablement celles dont je me rappellerai le plus le reste de ma vie, celles où je bâtirai ma vie d’adulte. J’ai tout pour être heureuse et surtout, je le suis. Je pense que j’ai tout simplement peur que mon enfance, mon adolescence et les souvenirs de ces dernières années deviennent flous dans ma tête, au fil du temps. Je voudrais pouvoir retourner bien au chaud dans le lit de ma maman et qu’elle me flatte les cheveux, pour me consoler. Je voudrais pouvoir retourner sur les épaules de mon papa et me sentir invincible. Je sais que plein d’autres moments sont à venir, des moments qui me rendront nostalgique à leur tour, alors je profite de chaque instant et je savoure chaque seconde.

Au cours des dernières années, j’ai beaucoup évolué en tant que personne. J’ai pris conscience que le bonheur, je pouvais le trouver partout et tous les jours (oui, même les plus médiocres), dans des petites choses aussi simple que le lever du soleil ou l’odeur du café. J’ai changé ma façon de voir les choses et j’ai cessé d’abandonner par peur d’échouer. Je réussis à être moi même, sans avoir peur d’être jugée. J’ai modifié mes priorités et chaque jour, j’éprouve de la reconnaissance envers la vie. Tout récemment, j’ai suivi mon cœur et je suis passé par-dessus mes craintes en créant Citron & Fleurs. Si, pour chaque année à venir, je continue d’évoluer en ce sens, je sais que tout va bien aller et que la vie ne pourra qu’être encore de plus en plus belle.

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Tout n’est pas qu’une question de chance

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Au cours de ma vie, on m’a souvent dit que j’étais chanceuse. Lorsque je me suis penchée sur la signification du mot, j’ai réalisé que la chance n’était pas toujours appropriée pour décrire la situation de quelqu’un et voir même, très rarement. Je me suis demandé si, dans ces cas-là, la personne en face de moi comprenait vraiment le sens du mot chance lorsqu’elle me le balançait en plein visage. La chance, pour moi, c’est quelque chose qui tient du hasard. Je suis chanceuse de gagner un concours, d’être née dans un pays les conditions de vie ne sont pas difficiles, d’avoir des parents merveilleux et de n’avoir jamais manqué de rien. Je suis chanceuse d’être en santé, d’avoir les capacités physiques et mentales d’accomplir des choses.

Pour le reste, ça peut être beaucoup plus que ça. Au cours de l’adolescence, on me disait sans arrêt que j’étais chanceuse d’être mince, voire maigre. Ce que les gens ne réalisaient pas (plusieurs le savait pourtant), c’est que j’étais maigre parce que j’étais malade. Je faisais de l’anxiété, de l’angoisse à une époque où ce n’était pas encore très connu (on mettait tout sur le dos de mes problèmes digestifs). J’étais malade toutes les nuits, je ne dormais pas du tout, je ne pouvais pas manger sans ressentir de la douleur partout dans mon corps. Chaque matin, je pleurais en entendant le cadran sonné. Tout m’angoissait. Sortir de la maison m’effrayait. Au Cégep, je prenais ma voiture (je fuyais et je fuis encore les autobus) et je choisissais le chemin le plus long, celui qui me permettait de m’arrêter à tout moment sur le bord de la route. À cette époque, j’aurais tout donné pour être un peu moins mince, mais en santé.

Ce que nous percevons comme étant de la chance, c’est dans plusieurs cas de la détermination, des compromis, du courage, du travail ou des choix de vie. Il arrive que je me fasse dire que je suis chanceuse d’avoir un emploi stable en étant aussi jeune alors que j’ai justement choisi d’étudier dans un domaine qui me garantissait un emploi stable, avec un horaire stable et de bonnes conditions. J’ai choisi de poursuivre mes études (et dieu sait que ce fut difficile) alors que ça aurait été beaucoup plus simple de prendre une pause. Je ne me vois pas dire à un dentiste que je le trouve chanceux d’avoir cet emploi; il a fait en sorte d’avoir cet emploi. Ce n’est pas que de la chance, c’est aussi le résultat d’années d’études et de travail acharné. Même chose lorsque je me fais dire que je suis don chanceuse d’avoir pu acheter ma maison à un si jeune âge, que je suis chanceuse d’avoir de l’argent pour ça. Ce que les gens ne semblent pas comprendre, ce sont les compromis et les choix de vie qui nous ont permis ça. Mon chum et moi, nous n’avons jamais fait de voyage ensemble. On a décidé de couper sur bien des choses (resto, activités, sorties) et on ne se gâte pas comme la plupart des couples peuvent le faire. Mais tout ça, on l’a choisi parce qu’on voulait notre maison et on a tout fait pour y arriver, depuis longtemps. Si quelqu’un choisit de faire un voyage par année, c’est sa décision tout autant que c’est la nôtre et il fait tout simplement ses choix de vie en conséquence.

Ce que nous bâtissons, ça ne nous tombe pas dessus par hasard. En regardant la vie des autres, il arrive que nous voyions uniquement le résultat, mais il y a tellement plus que ça. Notre chance, c’est à nous de la bâtir. Faisons en sorte d’être heureux, suivons notre cœur et faisons des choix à la hauteur de nos ambitions, tout simplement.

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